- Alain Lacoste

 

est un artiste contemporain, qui compte dans l'art brut... et compagnie !

La preuve, le musée de Bègles, - Fonds de Création Artistique Brute et Inventive, Site de la Création Franche - , lui a consacré un ouvrage, Le cas Lacoste, enquête réalisée par Gérard Sendrey.

Ce dernier joint là son témoignage à ceux de Michel Thévoz, Chris Besser, Joe Ryczko, Cérès Franco, Martine Lamy, Michel Leroux, Hervé Aussant, Bernard Larrieu, Sophie Gaury, et Anne Poiré.

Voici les lignes qu'elle lui a consacrées...

Ce texte s'appuie sur une oeuvre d'Alain Lacoste qui appartient à sa collection personnelle, et dont la photographie vous est proposée ici...

 

Lacoste en son antre.

Il trouve retraite, très retirée, dit-il, à La Tremblaie. Tour non d'ivoire, mais de polychromie. Du trait, l'assurance de ceux qui font frissonner les signes, rien ne le fait hésiter. Assemblages divers, et d'été.

De cette rencontre, Par-ci par sida : ajouts de courbes et adjonction de couleurs. Accordéoniste dans le vent, tranche de journal métamorphosé, musicalité de chergui, sirocco ou simoun...
Dans l'oeil explose le non-sens, au recto, et mêmement verso. Biface et tête bêche, l'on peut le renverser, les mains se font gueule de loup, - animales, mufliers d'architecte, visage complet, s'ouvre sur la bouche à canines de foire et de balle à lancer dans le mille. Épanouie. Ici les cheveux en papier d'emballage frisottent, et les terreurs, noires et rouges, surgissent de l'enfance, dans les jambes, sexes à dents, pelage carnivore. L'homme, lèvres ouvertes, se plaque contre la femme, museau pointu. Donc il y a un être, une dame aussi, d'autres. Un fouillis : heureusement les contours ne permettent qu'à demi de savoir.
96. Écho à mai 68, tempe à l'endroit, cafetière à l'envers. Planche striée et hyène verte, matière, manière de commencement... Relief ! Collages, clouages, strates et montages.

Fenêtre sur masque, dessus le crâne, des individus jaillissent, des rayures, de larges baies sans rideaux, des rois de la bergerie, encore des têtes, dans des cailloux, citrouilles.
Et des membres. Des cous : vieux bois, vis neuve.
Au hasard, presque, des formes. Équilibre.

De ce titre jeu de mort férocement calembour, le regard fixe, globuleux, pas drôle, le carmin donne du jade, amande, en passant par du jaune, et les prunelles, paralysantes, le gros nez, rond, les poignées d'amour, de bleu tudieu, et les bouchons de cible des yeux... interpellent et accrochent.

Ficelles imbriquées, confuse masse : de la ligne naît la silhouette, périmètres et périphéries, et du jet les attraits de corps droits. Les molaires, incisives, déballées, l'expression étonnée, boucles emmêlées, volonté de retenir, peut-être, coincer, si peu, comme de petits copeaux transformés.

Alain Lacoste place le doigt dans la fente, librement. Aventure, exploration. Du grenier à sel aux flambeaux des argentés peupliers téméraires, jamais il n'accoste.

Le cas Lacoste peut être commandé au Site de la Création Franche, à Bègles. Pour tout renseignement :

sophiegaury@hotmail.com