Là où le vent me porte

 

est un petit livre de Martine Lamy, contenant 33 dessins de l'auteur, publié en 1998 aux éditions De l'autre côté du Mur, collection Arts Singuliers.

Anne Poiré a rédigé la quatrième de couverture de cet ouvrage, à la demande de l'auteur.

 

La voici...

Qui suis-je ? se demande Martine Lamy, dès les premières pages de son émouvant ouvrage, Là où le vent me porte. Et c'est bien à une quête de la personnalité, de l'origine, qu'elle nous convie dans cette presque "biographie en raccourci", comme elle l'annonce dans son avant-propos.

Trente-trois dessins ocellés et à regards de braise aiguë viennent illustrer cet album, véritable "alpha et oméga" des étapes initiales de son existence.

Cette "bohéminne aux grands yeux noirs", "sauvage", "farouche", qui "crée à l'arrachée", s'offre dans toute sa complexité, sa profondeur. Elle évoque sa "très fondamentale solitude", son mur "intouchable", l'Attendu, le Chevalier, et surtout, sans cesse, les bases mêmes de son être, l'écriture et la peinture.

Poète, elle se joue du "colimaçon des arrondissements de Paris", somptueusement métamorphosé en "partie de Marelle ou Jeu de l'Oie"... Elle n'hésite pas à transfigurer les lieux, comme ceux "où la culture se répand avec des aigretttes de pissenlit". Ludique, elle établit, en une architecture msytérieuse, un souriant clin d'oeil au Tarot de Marseille. Métaphorique, elle se montre "égarée dans une toile labyrinthe", "à la recherche de (s)es vies antérieures, intérieures aussi".

Si Martine Lamy reconstitue le sincère prisme, l'extraordinaire kaléidoscope d'un moi sensible, et la "ronde de (s)es créations, en ses "multiples visages scrutateurs"... qu'on n'oublie pas que, toujours, sous les mots, derrière le cerne et le trait de n'importe quel motif, qu'il s'agisse de "Petites filles naissant dans des pastèques" ou de "Galadriel, reine des Elfes", chaque fois, c'est d'elle que l'artiste nous parle, d'elle, dans toute la beauté de "(s)on écorce d'argile".

Mais que l'on ne s'y trompe pas !

Par un subtil effet de miroir, elle incite ainsi son Lecteur à se rendre à son tour... "de l'autre côté"...