- Françoise Pontanier

 

est une artiste d'aujourd'hui, qui compte dans l'art brut... et compagnie, ne serait-ce que par sa bonne humeur...!

 

Les écrins de Françoise Pontanier :
membres émaux et corps vitraux

 

Françoise Pontanier fait preuve d'humanité, y compris dans ses paysages, peuple les lieux, d'habitants cernés d'outremer, lèvres et prunelles ornées de perles, indices de beauté, déclinaison d'une thématique personnelle, bordée d'humains, d'animaux, visiteurs magnifiques ! S'il advient que ses figures soient zoomorphes, leur anatomie s'avère chaque fois fantaisiste - Sergeï et ses amis en témoigne... -, écho à l'imaginaire, tel ce bondissant à six pattes, qui galope à l'angle des Coquilles, huile et acrylique sur papier marouflé sur toile ! Salamandres, girafes pervenches, poissons d'avril, comme dans Désir, ou Igor velu, souligné d'indigo, Françoise Pontanier donne naissance à un bestiaire cordialement sauvage. D'autres personnages gravitent dans cet univers dominé par la couleur : microcosme qui est propre à la créatrice, son traitement de l'espace s'apparente à des pièces de puzzle, imbriquées, chamarrées, qu'il s'agit d'assembler. Du foisonnement naît ce sentiment de plénitude, apaisant, riche : Purple Jimmy est éternelle promenade ! L'on peut partir du centre, des marges, des franges, - où se trouvent les premiers et seconds plans ? Ce monde chatoyant se contemple de haut en bas, mais également de gauche à droite, ou l'inverse, à l'infini de l'inspiration !
Les histoires prolifèrent, enluminées, et l'observateur reste libre de les interpréter : Aïcha and pretenders est-elle gaie ou affligée, du destin qui l'attend ? À chacun de choisir si les rayures, le contour neutre de la bouche, racontent une aventure tragique, superbement romantique, ou au contraire amusante. Dans cette oeuvre sensuelle, gourmande, nous regardent des profils masqués, les yeux rehaussés, lesquels se cachent et apparaissent dans le même mouvement. C'est un garçon, disent-ils parfois, ou bien Divine animalité, zébrée, emplie de ronds, de pétales, de traits irréguliers, volontairement, dans l'équilibre de la surprise. La Madone, somptueuse, pleure son fils sur sa joue carminée, la coiffe brodée d'ors médiévaux, et les étoffes précieuses, dans leur multiplicité merveilleuse, séduisent. L'autoportrait de 1997, de son côté, s'exhibe de face, les bras en l'air, pour un triomphant signe amical, enrobé de coeurs et symboles à la polychromie chaleureuse.
Derrière ces agitations oniriques, la vie palpite : le graphisme interagit, les masses se répondent. Visages presque abstraits, dans une géométrie qui n'a rien de mathématique, rondeurs, carrés, équilibrés par la palette des coloris, une jambe jaune et un sein auréolés d'amarante, un visage turquoise, pour un ventre rose, des membres vitraux, émaux, des décorations qui échappent à la logique d'une stricte représentation !
Dans la spontanéité, l'émotion affleure. Ici, la moindre nuance devient caresse, de lignes, de récits potentiels... Ainsi, Françoise Pontanier, par ses "talismans du bonheur", aime partager avec ses spectateurs la fête, ces Secrets de famille, de la grande et belle fratrie des art-brutistes et autres francs outsiders ! Depuis la source totémique à laquelle elle puise allègrement, elle offre, directe, avec talent, sens de la légèreté, dérision, des motifs variés. Cette artiste sympathique, populaire, n'hésite pas à inventer, du fond de son instinct, en pulsions énergiques, intenses, des écrins qui se révèlent intuitions touchantes !